Peczély a le bonheur de la sauver par des moyens peu pratiqués. Esprit curieux, désireux de sortir des chemins battus, il est frappé par les différences des yeux de ses consultants et, se souvenant du hibou ou de la chouette de son enfance, il se met à examiner systématiquement leurs iris. Il coordonne ses observations, réfléchit sur les signes, leurs emplacements, leurs modifications éventuelles, en tire la signification et des indications pour ses diagnostics. Les résultats viennent confirmer la justesse de ses intuitions et il acquiert bientôt la réputation d’un médecin extraordinaire qui fait miracle.
On sait que ce genre de réussite attire vite la suspicion, le dénigrement et la calomnie. Un clan de confrères hostiles traite Peczély de charlatan. L’un d’eux s’étant montré particulièrement virulent, Peczély demande à l’examiner dans les yeux et lui fait un exposé sur son passé pathologique. Tout est si vrai que le contradicteur en bafouille de confusion. En 1862 (il est âgé de 36 ans), il se rend à Budapest : il travaille deux années durant, en continuant à exercer l’homéopathie. La haine de ses collègues le poursuit : on l’accuse d’avoir empoisonné un de ses malades à l’arsenic.
C’est à Vienne qu’il termine ses études médicales : il est reçu Docteur en médecine en 1867. IL pratique pendant deux ans dans cette ville devenue la capitale de l’empire Austro-Hongrois de François-Joseph. Poursuivant ses études sur l’iris, il vérifie notamment quelles modifications iriennes entraînent les interventions chirurgicales.
De retour à Bucarest en 1969, il développe considérablement sa clientèle, tout en poursuivant ses recherches. Il publie en 1880 les résultats de ses travaux sous le titre :
« Découverte dans le domaine de la thérapeutique et du naturisme ».
« Introduction à l’étude du diagnostic par les yeux »
avec trois tableaux et trois figures hors-texte.
En épigraphe il inscrit cette maxime :
Das auge ist nur der seele,
Es ist auch des körpers spiegel.
(L’oeil n’est pas seulement le miroir de l’âme, il est aussi le miroir du corps).
On fait silence sur l’ouvrage. Pas un confrère n’en rend compte, mais des malades reconnaissants continuent à proclamer les extraordinaires résultats obtenus par Peczely. L’opinion s’agite au point que l’État intervient et prétend mettre fin au « Diagnose aus den augen » par un écrit.
Une vigoureuse campagne de presse est menée contre le novateur par ses collègues qui lui rendent ainsi un précieux service en faisant connaître ses idées, non seulement dans son pays, mais aussi dans les pays voisins. C’est ainsi, qu’Auguste Zöpritz, rédacteur de «l’Homéopathie Monatsblâtter», est appelé à faire le voyage de Budapest pour travailler avec le Docteur Peczely. Il écrit un article documenté, en publiant le premier schéma de topographie irienne établi par Peczely lui-même.
Ce dernier poursuit alors ses travaux sans incident. Sa réputation est solidement établie parmi ses compatriotes et sa vieillesse s’achève paisible au milieu du respect et de la reconnaissance de ceux qui l’entourent.
La valeur de la méthode de Peczély a peu être mise en doute par de nombreux médecin, par une sorte de mauvaise foi qui consiste à vouloir faire dire aux mots plus qu’ils n’en disent. Les termes même « d’Augendiagnose », d’Iris-Sciences, d’iridologie ont paru trop ambitieux. Il est bon ici de citer ce qu’écrivait à ce sujet le Docteur Léon Vannier :
« La méthode de Peczély consiste dans l’observation de l’iris et le terme par lequel je l’ai désigné en 1923 est celui qui maintenant est universellement adopté : Iridoscopie. L’iridoscopie est la méthode clinique qui consiste à regarder l’iris et à porter un jugement d’après les signes constatés. Ces signes sont variables suivant la nature de l’atteinte organique : inflammation ou irritation, écoulement ou des destructions ».
On voit quel fut l’intérêt de l’œuvre de ce grand découvreur, œuvre qui devrait être poursuivie par des disciples éminents.
Les disciples
L’oeuvre de Peczely est considérable, oeuvre qui devait être poursuivie par des disciples éminents. Deux hommes ont contribué par leurs recherches et leurs observations personnelles à répandre l’usage de l’iridoscopie. Le docteur Émile SCHLEGEL de Tubingen et le Docteur Nils LILJEQUIST de Stockholm.
Le Docteur Émile SCHLEGEL s’intéressa de bonne heure à la méthode de Peczely. En 1887, il fit paraître un premier opuscule sur le diagnostic irien. En 1906, il publia une seconde édition avec un schéma topographique de l’iris, plus complet que celui de Peczely, utilisant les travaux de THIEL-d’EBERFELD.
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